Homélie de la veillée de Noël 2024

Jésus est né entre deux voyages forcés. Un premier voyage a conduit Joseph et Marie de Nazareth à Bethléem, à quelques journées de marche. Voyage forcé, car l’empereur Auguste avait ordonné que les chefs de famille se fassent recenser dans leur ville d’origine. Mais que ces kilomètres ont dû être longs et pénible pour Marie qui était sur le point d’accoucher ! Le deuxième voyage forcé, entre Bethléem et l’Égypte aura lieu après la visite des mages. Dans un accès de folie, Hérode le Grand, par peur de perdre son pouvoir, va faire tuer les premiers-nés des familles juives, obligeant ainsi Marie et Joseph à partir précipitamment avec leur bébé dans les bras. Jésus est né en chemin, à Bethléem, entre le foyer parental de Nazareth et l’exil en terre égyptienne, comme un réfugié, balloté d’un endroit à l’autre.

Autre fait marquant, Jésus est né dans la solitude, dans le dénuement le plus complet. Le texte nous dit clairement que Marie a mis au monde son fils premier-né, qu’elle l’a emmailloté et couché dans une mangeoire. Si nous y réfléchissons un instant, ce n’est pas normal qu’une femme qui accouche emmaillote son enfant et qu’elle le mette dans son berceau. C’est le rôle des sage-femmes. Si Marie l’a fait, comme nous l’affirme Luc, c’est donc qu’elle a accouché seule ! Ce devait être là une épreuve terrible. Les mamans dans notre assemblée peuvent éprouver mieux que quiconque ce que cela représente comme source d’angoisse. Voilà comment est né le prince de la paix : dans la solitude, la précarité et le rejet, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune, dans le gymnase du coin ou le centre d’accueil d’urgence pour les sans-abris, dirait-on aujourd’hui !

Marie a déposé, nous dit le texte, son nouveau-né dans une mangeoire, c’est-à-dire dans une dépendance d’une maison ou d’une ferme. On peut voir encore aujourd’hui des mangeoires dans les champs, non loin d’une ferme. D’ailleurs, connaissez-vous l’origine du mot “crèche“ ? Il vient de l’ancien allemand et veut dire tout simplement “mangeoire“. Jésus, Dieu fait homme, est né dans une mangeoire, Il s’est fait en quelque sorte nourriture. Un bébé vulnérable, une hostie de pain au creux de nos mains transformées en mangeoires… Quelle incroyable naissance !

On aurait pu en rester là et on n’aurait rien su de la naissance du Messie. Mais il y a eu cette annonce faite par les anges aux bergers. C’est la troisième annonciation en ce début de l’évangile de Luc, après l’annonce faite à Zacharie de la naissance de Jean-Baptiste et celle faite à Marie. La troisième annonce est transmise par les anges aux bergers. Dans la société juive de l’époque, il faut bien avoir cela en tête, les bergers étaient les moins que rien, incapables de travailler aux champs ou dans la construction. On les envoyait garder les moutons ; c’était un travail facile, quoique souvent dangereux. Or ces moins-que-rien vont être les bénéficiaires de la Bonne Nouvelle : “un sauveur vous est né, le Christ, le Seigneur !“

Ils vont être les premiers à diffuser la Bonne Nouvelle, comme les femmes seront les premières à annoncer la résurrection du Christ ! D’autres viendront adorer et s’émerveiller, dont les mages, et puis d’autres et puis d’autres encore à travers les siècles, tant de personnes qui vont peu à peu peupler notre crèche, notre mangeoire. Nous fêtons les 800 ans de l’invention de la crèche. Nous devons à Saint-François d’Assise et aux premiers franciscains ce merveilleux cadeau. Dans nos crèches provençales, il y a de la place pour tout le monde. Il n’y a pas seulement Marie, Joseph, Jésus, les bergers et les mages, mais toutes sortes de personnages, toutes sortes de villageois qui s’approchent du mystère ou qui se restent à distance. Toutes sortes de métiers et d’activités y sont représentés. En cette période de Noël, prenons le temps de nous arrêter de longs moments devant nos crèches, prenons le temps de nous émerveiller. Saint Ignace nous invite dans la contemplation de la Nativité dans les Exercices Spirituels, à trouver notre place dans la crèche comme une petite servante ou un petit serviteur qui vient servir Jésus, Marie et Joseph.

Alors comment servir Jésus aujourd’hui si ce n’est en servant les réfugiés ballotés entre deux guerres, ceux qui sont seuls dans la rue, ceux qui sont abandonnés ? Nous pouvons leur apporter un peu de réconfort pour que Noël soit une fête pour tous. Admirons la crèche, mais n’oublions pas la mangeoire initiale, la solitude et la vulnérabilité de Celui qui s’y donne en nourriture. Retournons à ce dépouillement, à cette simplicité, à cette humilité de Dieu qui vient prendre chair dans le plus grand dénuement et la plus grande solitude. Laissons-le nous rejoindre dans les pauvretés de nos vies. Alors nous pourrons chanter avec les anges : “gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix aux hommes qu’il aime !“ Nous deviendrons alors à notre tour des anges, c’est-à-dire des messagers annonciateurs du Prince-de-la-Paix dans notre monde qui en a tant besoin. Amen.

Église Saint-Cannat, Marseille, le 24 décembre 2024.

L’avent à Saint-Ferréol-Saint-Cannat


Pendant l’avent, retrouvez chaque jour une phrase de l’Ancien Testament à méditer.

La Nativité – 25 décembre

Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! (Is 9, 5a)

24 décembre

Moi, je serai pour lui un père ;
et lui sera pour moi un fils. (2 S 7, 14a)

Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne – BNF

23 décembre

Voici que j’envoie mon messager
pour qu’il prépare le chemin devant moi ;
et soudain viendra dans son Temple
le Seigneur que vous cherchez. (Ml 3,1a)

22 décembre

Ils habiteront en sécurité,
car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre,
et lui-même, il sera la paix ! (Mi 5, 3b-4a)

21 décembre

La voix de mon bien-aimé !
C’est lui, il vient…
Il bondit sur les montagnes,
il court sur les collines, (Ct 2, 8)

20 décembre

Voici que la vierge est enceinte,
elle enfantera un fils,
qu’elle appellera Emmanuel
(c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). (Is 7, 14b

Vierge enceinte de Cornillon-Confoux

19 décembre

L’enfant sera voué à Dieu dès le sein de sa mère et jusqu’au jour de sa mort ! (Jg 13, 7b)


Adoration des bergers de Barthélémy Chasse / Notre-Dame-du-Mont, Marseille

18 décembre

Voici venir des jours
où je susciterai pour David un germe juste :
il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence,
il exercera dans le pays le droit et la justice. (Jr 23, 5)

Le roi David –
Matthias Stom – Musée des Beaux-Arts de Marseille

17 décembre

… jusqu’à ce que vienne Celui à qui le pouvoir appartient,
à qui les peuples obéiront. (Gn 49, 10b)

16 décembre

Ce héros, je le vois – mais pas pour maintenant – je l’aperçois – mais pas de près :
Un astre se lève, issu de Jacob. (Nb 24, 17)

15 décembre

Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut. (Is 12, 3)

14 décembre

Heureux ceux qui te verront,
heureux ceux qui, dans l’amour, se seront endormis ;
nous aussi, nous posséderons la vraie vie. (Si 48, 11)

13 décembre

Si seulement tu avais prêté attention à mes commandements,
ta paix serait comme un fleuve,
ta justice, comme les flots de la mer. (Is 48, 18)


12 décembre

Je planterai dans le désert le cèdre et l’acacia, le myrte et l’olivier ; je mettrai ensemble dans les terres incultes le cyprès, l’orme et le mélèze. (Is 41, 19)

11 décembre


Qui met son espérance dans le Seigneur trouve des forces nouvelles ; il déploie comme des ailes d’aigles,il court sans se lasser, il marche sans se fatiguer. (Is 40, 31)

La flamme olympique à la sortie de la messe du dimanche à Saint-Ferréol, église de Marseille.

10 décembre


L’herbe se dessèche et la fleur se fane, mais la parole de notre Dieu demeure pour toujours. (Is 40, 8)

9 décembre : Fête de l’Immaculée Conception

Béni soit Dieu, le Père
de notre Seigneur Jésus Christ !
Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ.

(Ep 1, 3-4)

8 décembre

Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel, car Dieu, pour toujours, te donnera ce nom : « Paix-de-la-justice ».

(Ba 5, 3-4a)

7 décembre

Le Seigneur te donnera du pain dans la détresse et de l’eau dans l’épreuve.

(Is 30, 20)

6 décembre

Les humbles se réjouiront de plus en plus dans le Seigneur, les malheureux exulteront en Dieu, le Saint d’Israël. (Is 29, 19)

5 décembre

Immuable en ton dessein, tu préserves la paix, la paix de qui s’appuie sur toi.

(Is 26, 3)

4 décembre

Le Seigneur de l’univers fera disparaître
le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples et le linceul qui couvre toutes les nations. (Is 25,8)

3 décembre

Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David,
Sur lui reposera l’esprit du Seigneur :
esprit de sagesse et de discernement,
esprit de conseil et de force.
(Is 11, 1-2a)

2 décembre

La gloire du Seigneur sera contre la chaleur du jour l’ombre d’une hutte,
un refuge, un abri contre l’orage et la pluie. (Is 4, 6)

Chapelle de la Santonne, Apt

1er décembre

Voici venir des jours où j’accomplirai la parole de bonheur. (Jr 33, 14a)

Saint-Laurent, Marseille